16 au 17 Mai 2009 à Ardin (79)

J’étais assis là aux cotés de Grand-père, près de la cheminée où dansaient des flammèches bleutées.

C’était le temps où on laissait du temps au temps. C’était dans les années 50 du siècle écoulé. C’était un jeudi……alors jour sans école. Un jeudi de décembre. C’était un jour pluvieux et froid.

Grand-père était un conteur fascinant qui n’avait aucun mal à captiver mon attention. Son récit tenait en ces quelques lignes...

Après les semailles de novembre, venait invariablement, le temps des veillées. Ces veillées d’un temps révolu qui se déroulaient dans une ambiance très particulière. Se mêlaient aux éclats de voix des joueurs de cartes, les rires contenus des enfants que l’on voulait sages, l’odeur des crêpes et des gaufres que nos mères ou nos grand-mères préparaient avec amour.

Grand-père me parlait ce jour là, de l’après veillée. De ces instants où il fallait affronter le froid pour regagner son « chez soi ». Les gens d’alors sombraient aisément dans la crédulité et « les revenants, sorciers et toute forme de fantômes », habitaient leurs fantasmes et la peur engendrée par une éventuelle rencontre …, était particulièrement communicative. La Galipote, créature fantasmagorique, se faisait un malin plaisir à vous poursuivre, notamment lorsque la lune était rousse. Les enfants, victimes majeures, étaient terrorisés….. Leurs mères guère plus rassurées. C’était, disait-on, le diable qui se transformait en chien blanc…..voire en chèvre blanche. Qu’importe ses formes et couleurs, elle hantait les nuits de bien de villageois. Le temps est passé…La Galipote, à l’instar, de bien des coutumes et traditions d’alors, a disparu.

Un demi-siècle s’est écoulé. Nous voilà à l’orée d’un siècle nouveau où chacun court désespérément après le temps.

marcheur

La marche nocturne des galipotes